Troll, qui es-tu ?

Créatures facétieuses, les trolls sont partout en Norvège… du moins sous des représentations inoffensives. Dans les boutiques de souvenirs, on les retrouve sous forme de cartes postales, de stickers, de porte-clés ou de figurines en latex, en résine ou bien en métal. Ils décorent les offices de tourisme, les hôtels, les restaurants mais aussi les maisons et les appartements. Des plus petits que l’on rapporte de son voyage aux plus gigantesques qui dominent certains parcs d’attractions, comme l’Eventyrpark près de Lillehammer, il est impossible de les manquer. Mais qui sont-ils réellement, à part des objets de curiosité pour amuser les touristes ? Leurs origines viennent des contes et légendes norvégiennes et présentent une riche histoire.

Alors qu’ils ne doivent pas être confondus avec les elfes et les nains, certaines de leurs représentations actuelles ne sont pas complètement exactes par rapport à la tradition. Ainsi, dans l’oeuvre de Tolkien mais aussi l’univers de l’heroic fantasy, les trolls sont très souvent décrits comme des géants idiots et brutaux. Pour le studio d’animations DreamWorks, ils sont, au contraire, de joyeux lutins à la longue chevelure colorée. Cependant, le folklore norvégien en donne une autre description.

D’après « Trolls of Norway« , les trolls habitaient déjà la Norvège lorsque les premiers hommes se sont installés dans le pays. D’abord, afin de lever tous les doutes quant à leur taille, ils en existe de très grands mais aussi de très petits. Certains ont même plusieurs têtes. Ils vivent tous très longtemps et leur chef est le Vieux du Dovre (Dovregubben), lequel doit son nom au massif du Dovrefjell. Ils habitent dans les montagnes et ne sortent qu’au crépuscule car ils ne supportent pas la lumière du jour. S’ils ne rentrent pas avant la nuit, les rayons du soleil peuvent les faire éclater ou les transformer en pierre. C’est pour cela que l’on ne peut les voir qu’à la nuit tombée.

Ceux qui les ont vus les décrivent comme des humains, sauf qu’ils n’ont que quatre doigts à chaque main et chaque pied. Ils ont un long nez, sont poilus et ont une chevelure hirsute et possèdent une queue terminée par une touffe de poils, comme celle des vaches. Les mères trolls s’occupent de leurs enfants et font la cuisine en touillant leur marmite avec leur long nez, tandis que les pères trolls sont par moment d’une humeur irascible. Quant aux enfants trolls, ils aiment jouer des tours de magie parmi les plus incroyables. Malgré leur apparence effrayante, ils sont plutôt braves et naïfs, si bien que des petits malins, souvent des fils de paysans, leur font parfois des farces.

Toutefois, grâce à quelques uns de leurs dons surnaturels, ils peuvent à leur tour tromper les humains. Ainsi, il arrive que des filles trolls se changent en de très belles jeunes femmes et séduisent les garçons les plus crédules pour les attirer dans la montagne. Celles que l’on appelle alors « huldre » (ou nymphes des bois) les font prisonniers ou les abandonnent dans la forêt. Pour éviter de se faire prendre, il suffit de les regarder de dos et de voir si elles ont une queue de vache, car celle-ci ne disparaît pas quand elles se transforment et elles ne peuvent ensuite pas la cacher. Il arrive aussi que ce soit les jeunes fermières qui se font enlever par les trolls et se perdent dans la montagne.

Face à tant de facéties, il vaut mieux être en bons termes avec les trolls. Si les paysans leur font du mal, ils se vengent en faisant mourir leur bétail. Au contraire, si les humains et les trolls s’entendent bien, les animaux donnent beaucoup de lait et sont en bonne santé. C’est pour cela, qu’à Noël, dans les campagnes, on dépose toujours une assiette de bouillie ou de riz au lait dans la grange ou devant la maison pour l’offrir aux trolls. D’ailleurs, aujourd’hui, si l’on possède une figurine de troll chez soi, on est protégé des mauvais esprits qui pourraient venir nous hanter.

Quand on se promène dans la montagne, dans la forêt ou à travers la lande, et si l’on tarde trop jusqu’à la nuit, il est possible d’apercevoir des trolls. Lorsque l’on en croise un, il est recommandé de ne pas le contrarier, au cas où l’on ne veuille pas le regretter plus tard. En tout cas, une chose est sûre, si l’on ne les voit pas, eux, nous voient.

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