Escapade danoise à Copenhague (2/2)

Ce qui marque le plus lorsque l’on découvre Copenhague après avoir visité plusieurs villes en Norvège, c’est la richesse de la vieille ville et l’abondance de châteaux et autres palais. Les édifices religieux de la capitale danoise exhibent également un faste que les églises norvégiennes n’ont pas. Il est évident, au gré de ces témoignages historiques, que le Danemark était bien plus riche que sa voisine du Nord à une certaine époque. Bien que les deux pays n’aient été qu’un seul royaume pendant plusieurs siècles, l’essentiel des richesses demeurait au Danemark et la Norvège ne profitait que de ce qu’il en restait. Les institutions politiques, culturelles et intellectuelles se trouvaient toutes au Danemark, lequel imposait ainsi ses lois et ses modes aux Norvégiens. Par exemple, la langue officielle de la Norvège était le danois, cependant parlé par les élites, et la première université norvégienne n’a été fondée qu’en 1811 à Oslo, soit près de quatre siècles après celle de Copenhague. Avant cela, les étudiants norvégiens étaient contraints de partir au Danemark.

À Copenhague, se situent donc plusieurs châteaux et résidences royales, dont celui de Rosenborg. Construit par le roi Christian IV au début du XVIIe siècle dans un style Renaissance, le château était d’abord destiné à être une résidence de plaisance, avant de devenir le château favori du souverain. Dressé au bout du parc de Kongens Have (le Jardin Royal), il bénéficie d’un charmant écrin de verdure. En tout, dix rois, de son premier locataire jusqu’à Frédéric VII en 1848, s’y sont succédé. Chaque pièce, occupée par un roi ou une reine différents, présente un style unique, aux diverses inspirations, entre mobilier cossu et tapisserie finement brodée. De nombreux objets d’art originaires du monde entier y sont conservés, tels que des bijoux, des horloges, des bronzes, des porcelaines ou bien des verreries. On peut aussi admirer un orchestre mécanique datant du XVIIIe siècle encore en état de fonctionnement.

Le château de Rosenborg

Au dernier étage, se trouve la salle du trône. Aux murs sont accrochées des tapisseries relatant les victoires militaires de Christian V face à la Suède entre 1675 et 1679, tandis que les trônes du roi et de la reine sont gardés par trois lions d’argent. Enfin, au centre du plafond voûté, le blason national exhibe ses armes et ses couleurs.

Quant au sous-sol du château, il abrite une collection d’objets en tout genre, parmi lesquels des bijoux en ambre ou en ivoire et des armes de guerre et de parade, ainsi que des bouteilles du vin de Rosenborg, un cépage blanc du Rhin importé d’Allemagne dès 1590. La majestueuse tenue d’équitation, d’or et de perles, du roi Christian IV pour son couronnement est également exposée. De plus, on peut découvrir les instruments astronomiques d’Ole Rømer, un planétarium et un éclipsarium, qui ont permis au savant danois d’évaluer la vitesse de la lumière en 1676. C’est en étudiant les éclipses des lunes de Jupiter qu’il a pu la déterminer.

Enfin, la visite se termine par le trésor royal. On y trouve ainsi le glaive de Christian III, une imposante épée d’or et de pierres précieuses utilisée lors des couronnements. La couronne de Christian IV, richement ornée, est exposée, de même que celle de Christian V, laquelle a sacré tous les rois suivants jusqu’en 1839. Elle est présentée aux côtés de celle de la reine Sophie-Madeleine, épouse de Christian VI. La couronne est, avec le sceptre, le globe et l’ampoule, un des insignes royaux.

Symbole de l’absolutisme et de la grandeur de la monarchie danoise, le château de Rosenborg est resté résidence royale jusqu’au règne de Frédéric VII, qui, le 5 juin 1849, a signé la première constitution démocratique du pays, mettant un terme à la monarchie absolue. C’est donc le palais d’Amalienborg qui a pris la suite et est devenu la nouvelle résidence des rois et reines de Danemark.

Les trônes royaux

Dans un style complètement différent, le palais d’Amalienborg, construit dès 1750 dans le quartier de Frederiksstaden, est plus urbain, comme confondu dans la ville. Il comprend quatre dépendances à la façade néoclassique, organisées autour d’une grande place octogonale, au centre de laquelle est érigée la statue équestre du roi Frédéric V, celui qui a introduit la philosophie des Lumières au Danemark. Deux des dépendances sont des musées, les palais Christian VII et Christian VIII, tandis que les deux autres, les palais Frédéric VIII et Christian IX, sont les résidences d’hiver respectivement du prince héritier Frederik et de son épouse la princesse Mary et de la reine Margrethe II. Le musée d’Amalienborg retrace l’histoire de la monarchie danoise après 1849 et permet d’admirer, par exemple, une riche collection de bijoux russes, dont des œufs de Fabergé. Sans oublier les somptueuses salles de gala que la famille royale utilise encore pour les grandes occasions. On y croise aussi les soldats de la garde royale, lesquels portent des bonnets de fourrure similaires à ceux des gardes royaux britanniques.

En face du palais, dans l’axe de la place, se trouve la Marmorkirken, ou l’Eglise de marbre, une église luthérienne du XVIIIe siècle en forme de dôme. De l’œuvre du même architecte qu’Amalienborg, elle présente une imposante coupole de 31 m de diamètre et est magnifiquement décorée. Elle est aussi appelée l’église Saint-Frédéric.

Le palais d’Amalienborg avec au centre la statue équestre de Frédéric V et la Marmorkirken

Pour en finir avec les châteaux de Copenhague, celui de Christiansborg est certainement le plus important pour la démocratie danoise. Construit dès 1733 sur l’île de Slotsholmen et ancienne résidence royale, il héberge actuellement le bureau du premier ministre, le parlement et la cour suprême. Appelé Folketing, soit « l’assemblée du peuple », le parlement y siège depuis 1850 et l’introduction d’un régime démocratique au Danemark. La statue du roi Frédéric VII, signataire de la constitution du 5 juin 1849, se dresse d’ailleurs devant ses portes. Le château est également surnommé simplement Borgen, signifiant le Château, un diminutif qui désigne aussi le gouvernement.

La monarchie continue d’occuper certaines parties du château, qu’il est possible de visiter, tandis qu’une boutique officielle propose des souvenirs, comme de la vaisselle marquée des insignes royaux, ou bien du vin du château de Cayx, un domaine viticole français du Lot, propriété de la reine Margrethe II. On peut aussi y voir des salles d’apparat, une chapelle et les écuries royales. Quant à la cour intérieure, elle abrite une statue équestre du roi Christian IX.

Toujours situés sur l’île de Slotsholmen, on découvre aussi la Bourse, le Musée Thorvaldsen (dédié au sculpteur Bertel Thorvaldsen), le Musée du théâtre, le Musée de la guerre, le Musée juif et la Bibliothèque royale. Cette dernière, surnommée The Black Diamond, soit le Diamant Noir, est un exemple d’architecture moderne.

Après les châteaux, un des autres symboles de Copenhague à ne pas manquer est les Jardins de Tivoli. Situés entre la mairie et la gare centrale, ils sont considérés comme le plus vieux parc à thème du monde. Inauguré le 15 août 1843, ce parc d’attractions de 8 hectares doit son nom à la ville italienne de Tivoli, où se trouve la villa d’Este et ses remarquables jardins Renaissance. Ceux du parc danois se distinguent par leurs couleurs éclatantes, leur caractère festif et jovial et leurs sources d’inspiration diverses et variées. On peut ainsi déambuler sous un tunnel d’orchidées ou bien aller du côté de la pagode, dont l’étang accueille des carpes koï, pour une promenade en bateau quelque part en Asie. Il y a même un marché aux fleurs où il est possible d’acheter des graines, des bulbes, des pots et des accessoires et outils de jardin. De plus, les thématiques et les festivités du parc évoluent au gré des saisons, notamment pour Halloween et Noël.

Ainsi, ce qui attire le plus de monde à Tivoli, ce sont les attractions foraines, dont les univers puisent leur imagination aussi bien dans la mythologie nordique que dans les contes des Mille et Une Nuits. Pour les sensations fortes, on peut embarquer pour un tour sur une des nombreuses montagnes russes, plus ou moins impressionnantes, ou alors se faire bringuebaler par des manèges à ne pas conseiller aux personnes sujettes au vertige, comme des tours du haut desquelles les courageux visiteurs profitent tout de même d’une vue imprenable sur la ville. Sinon, il existe des attractions plus calmes et adaptées à tous, mais aussi des stands typiques des foires qui proposent des jeux d’adresse, comme du tir à l’arc ou à la carabine, des chamboule-tout ou de la pêche aux canards. De quoi repartir, s’il on est assez habile, avec une grosse peluche en cadeau.

Les Jardins de Tivoli sont également un lieu de spectacles, avec plusieurs théâtres à thème, très appréciés des enfants, ainsi qu’une scène principale où ont régulièrement lieu divers évènements culturels. Enfin, le parc dispose d’une large offre de restaurants, de cafés et de boutiques de souvenirs pour tous les goûts et tous les budgets. C’est pour toutes ces raisons que Tivoli est le lieu le plus visité du Danemark par an et un endroit parfait pour passer de bons moments en famille ou entre amis.

Dans un tout autre registre, le quartier de Christiania attire également de nombreux curieux. Située à Christianshavn, de l’autre côté du grand canal qui forme le port de Copenhague, Christiania est une ville libre autoproclamée. Elle a été créée en 1971 sur le site d’une caserne militaire désaffectée par un groupe de squatteurs et de hippies et s’étend jusque sur les anciens remparts de la capitale. Autogérée et aux inspirations politiques anarchistes, elle est surtout connue pour sa libre circulation et consommation du cannabis. Il est légal d’en vendre dans la rue, principalement dans un coin appelé Pusher Street, où les revendeurs installent leurs stands. En revanche, toutes autres drogues sont formellement interdites. Les règles de Christiania prohibent aussi les armes à feu, les explosifs, les voitures, la violence physique et les vols.

Très tôt fréquentée par des artistes, Christiania est un village coloré, dont les murs des maisons sont décorés de fresques. On y trouve des boutiques et des galeries d’art, mais aussi des restaurants, des bars et des lieux de spectacle, dont beaucoup de clients viennent de l’extérieur de la communauté. Ce qui y vivent travaillent généralement sur place et œuvrent au bon fonctionnement de ce microcosme, parfois sans véritable rémunération. Si elle n’a pas réussi à être complètement autosuffisante, Christiania dispose d’un bazar, d’une boulangerie, d’un jardin d’enfants et de plusieurs ateliers de réparation. Elle est même l’adresse de l’entreprise Christiania Bikes, une marque de vélos cargos célèbre à l’internationale.

Galerie d’art à Christiania
« Le monde est entre nos mains », un des emblèmes de Christiania

Copenhague est une ville riche en histoire et en culture, où chaque monument et attraction est un voyage dans le temps. A la fois authentique et moderne, elle a un charme unique qui fait d’elle une des plus belles villes du Nord de l’Europe. Bénéficiant d’un haut niveau de vie, elle est une des capitales du monde les plus agréables à vivre, notamment grâce à ses efforts en terme d’écologie. Son air est, en effet, un des moins pollué de toutes les grandes villes du monde. Animée et jeune, c’est aussi une ville étudiante et cosmopolite. Quelque soient ses envies, Copenhague ravira tout le monde.

Autres attractions de Copenhague

Kongens Nytorv : place du centre de Copenhague datant du XVIIe siècle d’où partent plusieurs rues importantes. On y trouve, entre autres, le Théâtre Royal et le palais de Charlottenborg, où siège aujourd’hui l’Académie royale des beaux-arts. La statue du roi Christian V se dresse en son centre.

Kastellet : ancienne forteresse en forme d’étoile et entourée d’eau, près de la Petite Sirène, où se trouve une caserne militaire et le Musée de la Résistance. C’est aussi un parc arboré.

Strøget : rue piétonne du centre de Copenhague avec de nombreux magasins, restaurants et cafés, ainsi que le Musée du Guinness Book des records. Elle comprend plusieurs artères et places formant un réseau piétonnier très fréquenté.

La Tour Ronde (Rundetårn) : vieil observatoire astronomique du XVIIe siècle situé dans le centre-ville. On peut la visiter et découvrir la ville en hauteur.

L’Eglise de Notre-Sauveur (Vor Frelsers Kirke) : église du XVIIIe siècle, située à Christianshavn, dont la flèche et son escalier en spirale offrent une vue imprenable sur la ville.

Kongens Nytorv, la Nouvelle place du Roi
La mairie de Copenhague

Office de tourisme de Copenhague

Office de tourisme du Danemark (Copenhague)

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