Pourquoi la Norvège ?

Au même titre que l’on ne peut être amoureux d’un membre de sa famille, pourquoi ne pas avoir le droit d’aimer aussi un autre pays que celui dans lequel on est né ou dans lequel on vit ? Dans ce cas, sur qui exprimer son béguin ? Comme en amour, cela ne se choisit pas, du moins inconsciemment. Cela sonne comme une évidence dès le premier regard, ou bien, au contraire, l’attirance met du temps à s’affirmer. De toute façon, dans les deux situations, il n’y a pas de doute : on est amoureux. Amoureux de ses paysages, de sa culture, de ses villes, de sa campagne, de ses hommes, de ses femmes… Des préférences qui en disent beaucoup sur soi-même, comme un miroir qui reflète ce que l’on a envie de voir. Dis-moi quel pays tu aimes et je te dirai qui tu es. Tel est l’adage approprié.

Ainsi, si vous appréciez la tranquillité, si vous chérissez les balades en pleine nature ou si vous adorez aussi bien l’authenticité que la modernité, la Norvège est peut-être faite pour vous. Vient alors le problème de la météo, que l’on dit plutôt hostile. Certes, les hivers sont longs mais pas excessivement froids comparés à d’autres régions du monde. Et pour ceux qui se plaindraient des chaleurs estivales que peut connaître la France, ils seront satisfaits de la douceur des étés nordiques. « Mais les nuits là-bas sont tellement longues que l’on ne voit presque jamais le soleil », raconte-t-on ici. Alors pourquoi dit-on aussi que la Norvège est le pays du soleil de minuit ? Par exemple, à Tromsø, au Nord du cercle polaire arctique, l’astre du jour n’apparaît pas de la fin novembre jusqu’à la mi-janvier, tandis qu’il ne se couche jamais de la mi-mai jusqu’à la fin juillet. Quoi donc de mieux qu’un hiver enneigé et sombre pour profiter au maximum d’un été aux nuits ensoleillées. Une année contrastée et des saisons marquées qui, en somme, rendent les paysages vivants.

Passées ces considérations climatiques et lumineuses, la Norvège présente un modèle social et économique envié par beaucoup. Elle est ce que l’on appelle un état-providence, c’est-à-dire qu’elle fait en sorte que ses fonctions sociales soient le plus possible au bénéfice de ses citoyens, quel que soit leur revenu et leur condition sociale. Par recherche systématique du consensus, elle souhaite le bien-être de son peuple en mettant principalement l’accent sur la famille, l’éducation ou la santé. Grâce à ce modèle, largement partagé par ses voisins scandinaves, elle est depuis de nombreuses années en tête du classement mondial sur l’indice de développement humain (IDH). Elle a même été élue pays où l’on est le plus heureux en 2017 et n’a pas quitté le podium depuis.

D’un point de vue économique, la Norvège se porte plutôt très bien, surtout depuis que d’immenses réserves de pétrole et de gaz naturel ont été découvertes au large de ses côtes dans les années 70. Désormais enrichie grâce à leur exploitation, elle s’est dotée d’un fonds souverain colossal dont les investissement locaux et à l’international profitent à son économie. De plus, consciente de l’impact écologique de l’extraction et de l’exportation d’hydrocarbures, elle a décidé d’investir de manière conséquente dans le développement durable. Par exemple, près de 98% de son énergie est d’origine hydroélectrique, tandis que son parc automobile est à quasiment 50% électrique ou hybride. L’objectif du gouvernement est même de ne plus rejeter de CO2 d’ici 2030.

A part le pétrole, la Norvège est aussi une force maritime, piscicole, forestière et touristique. Avec son domaine maritime parmi les plus vastes du monde, elle dispose d’une flotte conséquente et est une importante exportatrice de poissons et autres produits de la mer. Elle exploite ses forêts qu’elle gère durablement et accueille chaque année de nombreux touristes venus du monde entier. Toutefois, certaines entreprises norvégiennes spécialisées dans d’autres domaines commencent à se faire un nom à l’étranger, telles que Norwegian (compagnie aérienne), Jøtul (chauffage), Helly Hansen (vêtements), Visma (informatique) ou Snøhetta (architecture).

Un dernier domaine qui s’ouvre au monde est le mode de vie à la norvégienne, comme une tendance qui fait de plus en plus parler d’elle, surtout depuis que la Norvège a atteint le haut du classement du bonheur. Il existe plusieurs pratiques typiquement nordiques, dont l’on tente d’expliquer les principes afin de les imiter ailleurs. L’une d’elles est le « friluftsliv », autrement dit « la vie à l’air libre ». Il s’agit simplement de sortir et de se connecter avec la nature, de faire de longues promenades en forêt ou dans les montagnes et de passer, pourquoi pas, quelques nuits à la belle étoile.

A l’inverse, le « kos » désigne le plaisir lié au confort domestique, notamment en hiver, quand il fait sombre et froid dehors. A l’instar du « hygge » danois ou du « lagom » suédois, ce mot intraduisible en français résume à lui-seul une partie de ce qui fait le bonheur scandinave : une décoration épurée et lumineuse, un plaid doux et chaud et une bonne tasse de chocolat. De la même façon que l’été apporte son lot de petits bonheurs, l’hiver arrive avec les siens, différents et tout autant agréables. Certains cafés et restaurants s’inspirent même de ce concept, pour le plus grand plaisir de leurs clients.

Quant au peuple norvégien, il est aussi bien l’objet de fantasmes que de clichés. Loin d’être tous de grands blonds à la peau claire et aux yeux bleus, il existe plus de diversité que l’on pourrait imaginer. Et si les Norvégiens semblent distants au premier abord, il suffit de savoir comment les appréhender et de ne pas se précipiter pour nouer des liens avec eux. Ainsi, ils feront montre de leur gentillesse et de leur hospitalité. Mais, en fin de compte, qui connaît sur cette Terre un peuple méchant et hostile ? En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il y a une vraie solidarité entre eux, comme un besoin viscéral de s’assurer du bien-être de son prochain, basé sur le respect et l’ouverture d’esprit. Concernant son modèle politique, il se repose sur des principes d’alternance, de stabilité et de transparence, dans le but de préserver une démocratie considérée comme une des plus efficaces du monde. Un idéal sociétal facilité en outre par la petite taille du pays.

D’ailleurs, c’est sa faible densité de population qui fait de la Norvège un pays à taille humaine. Bien que ses espaces naturels soient vastes et isolés, ses villes les plus importantes sont relativement petites comparées à celles que l’on peut avoir par exemple en France. Il s’y ressent une certaine paisibilité et une douceur de vivre qui dispensent leurs habitants de toute forme de stress. Telles de grands villages, elles allient tradition et modernité, nature et urbanité, tranquillité et dynamisme. Entourées de collines et de forêts et bordées par les eaux de la mer ou des lacs, elles font parfois oublier où l’on se trouve vraiment.

Bref, si vous vous reconnaissez dans ce qui fait de la Norvège ce si beau pays, si vous recherchez le dépaysement mais pas trop non plus ou si vous n’avez pas peur de ces journées estivales où tous les temps de l’année se succèdent en seulement 24 heures, n’hésitez-pas et venez lui rendre visite. Peut-être ne voudrez-vous pas attendre pour la revoir… ou ne plus jamais la quitter.

6 commentaires sur « Pourquoi la Norvège ? »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s