Marit Bjørgen, la reine du ski

Si elle n’est pas encore un personnage historique, elle est déjà une légende. Marit Bjørgen est à ce jour la plus grande skieuse de l’histoire, après presque deux décennies de domination sur le ski de fond mondial. Avant de devenir l’athlète la plus médaillée des Jeux Olympiques d’hiver, elle avait, à l’occasion des championnats du monde de 2011, légué au musée du ski de Holmenkollen ses skis, ses chaussures et la veste dorée qu’elle portait en montant sur le podium. Dès ses premiers exploits, les Norvégiens ont eu l’habitude de la surnommer skidronningen, autrement dit la reine du ski.

Destins norvégiens, Episode 9 : Marit Bjørgen

Née le 21 mars 1980 à Rognes, près de Trondheim, Marit Bjørgen apprit à faire du ski avant de savoir marcher. Du moins, d’après un dicton décrivant les qualités exceptionnelles de skieur des Norvégiens. Dès son plus jeune âge, elle s’entraînait dur et voulait toujours être la meilleure. Elle dominait toutes les classes d’âge auxquelles elle appartenait et ne fut battue pour la première fois en compétition que lorsqu’elle avait 15 ans. En 1998, elle intégra l’équipe de Norvège junior, avant de connaître sa première sélection en coupe du monde le 27 décembre 1999. Lors du sprint d’Engelberg, en Suisse, elle termina à la 39ème place.

En 2001, sur les championnats de Norvège, elle prit la troisième place du 5 km classique, ce qui lui valut d’être sélectionnée pour les championnats du monde de Lahti, en Finlande. Elle n’y remporta pas de médaille, mais termina tout de même parmi les vingt meilleures de la poursuite (19ème). L’année suivante, elle participa aux Jeux Olympiques de Salt Lake City et obtint son meilleur résultat individuel sur la mass start 30 km (14ème). En revanche, grâce à la deuxième place de la Norvège sur le relais, elle décrocha sa première médaille olympique.

Le 26 octobre 2002, elle s’adjugea sa première victoire en coupe du monde sur le sprint de Düsseldorf, en Allemagne. Puis, aux championnats du monde de Val di Fiemme, elle remporta sa première médaille d’or grâce encore à sa discipline de prédilection. Cette saison, elle gagna deux autres sprints et remporta la coupe du monde de la spécialité. Au général, elle termina au 6ème rang, tandis que sa compatriote et idole Bente Skari décrocha le gros globe de cristal.

L’hiver suivant, elle empocha sept victoires en coupe du monde, ainsi qu’un nouveau petit globe de cristal du sprint. Elle monta aussi sur le podium du général de la coupe du monde, deuxième derrière l’Italienne Gabriella Paruzzi.

Lors de la saison 2004-2005, elle atteignit une nouvelle dimension en dominant toutes ses rivales. Non seulement, elle continua à s’illustrer sur les sprints, mais décrocha également ses premiers succès sur des formats plus longs, appelés « distances », dont le mythique 30 km d’Oslo. Sur les championnats du monde d’Oberstdorf, en Allemagne, elle glana encore cinq médailles, dont trois en or. De plus, elle réussit le grand chelem en coupe du monde, remportant à la fois le gros globe de cristal et les deux petits globes du sprint et de la distance.

Elle conserva ses globes en 2006, à la seule exception de celui de la coupe du monde de distance. Cependant, lors des Jeux Olympiques de Turin, tout ne se passa pas comme elle l’avait espéré. Après avoir abandonné sur la poursuite, elle ne décrocha que l’argent lors du 10 km classique. Sa deuxième médaille olympique allait être la seule glanée sur cette édition. Avec son statut de grande favorite à l’entame de ces Jeux, elle prétendait légitimement à beaucoup mieux.

Durant l’hiver 2006-2007, sa domination fut mise à mal par la Finlandaise Virpi Kuitunen. D’abord sur le Tour de Ski, épreuve par étapes inspirée du Tour de France cycliste, où elle termina deuxième derrière Kuitunen. Puis au général de la coupe du monde, qu’elle finit, là aussi, au second rang derrière la Finlandaise. Quant aux championnats du monde de Sapporo, ils ne furent pas non plus d’un grand succès. Des montagnes japonaises, elle ne ramena que deux médailles de bronze, gagnées sur le sprint par équipe et le relais.

Les deux saisons suivantes furent pour elle des hivers difficiles, avec seulement deux victoires en deux ans. En constante méforme, elle ne parvint jamais à se hisser au niveau qui avait été le sien auparavant.

A partir de la saison 2009-2010, elle se remit en question et changea ses objectifs. Avec en point d’orgue les Jeux Olympiques de Vancouver, elle décida de délaisser le classement général de la coupe du monde pour se concentrer sur les médailles. Un choix qui fut le bon, puisqu’elle remporta une médaille sur chacune des courses auxquelles elle participa, pour une moisson de cinq récompenses dont trois en or.

En 2011, elle eut recours à la même stratégie afin d’arriver au championnats du monde en pleine possession de ses moyens. D’autant plus qu’ils se déroulaient en Norvège, sur le site de Holmenkollen, à Oslo. Sur ses terres et devant son public, elle remporta cinq médailles dont quatre titres.

En 2012, en l’absence de grands championnats au programme, elle visa de décrocher un troisième gros globe de cristal. Au terme d’une lutte acharnée face à la Polonaise Justyna Kowalczyk, elle devança sa rivale de quelques points et réussit son pari.

L’année suivante, après avoir abandonné l’idée de s’imposer au général de la coupe du monde, elle retrouva les mondiaux de Val di Fiemme, organisés dans cette même station italienne où elle avait remporté son premier titre de championne du monde dix ans plus tôt. Comme à Oslo, elle empocha encore cinq médailles dont quatre en or.

Lors de l’hiver 2013-2014, elle se présenta aux Jeux Olympiques de Sotchi avec une fois encore le statut de grande favorite. Malgré des déceptions dues à la capricieuse neige russe, notamment sur le relais, elle obtint trois nouvelles médailles d’or. A ce moment-là, elle devint l’athlète féminine la plus médaillées de l’histoire des Jeux Olympiques d’hiver. Quant à la bataille pour le gros globe de cristal, elle la perdit pour quelques points face à sa jeune compatriote Therese Johaug.

En 2015, elle réussit un nouveau grand chelem, décrochant le général de la coupe du monde ainsi que les classements du sprint et de la distance. De plus, elle remporta le Tour de Ski pour la première fois de sa carrière. Enfin, aux championnats du monde de Falun, en Suède, elle rajouta une médaille d’argent et deux d’or à sa collection.

L’hiver suivant, elle mit sa vie de sportive entre parenthèses pour faire une pause maternité. Avec son compagnon Fred Børre Lundberg, ancien grand champion de combiné nordique, elle accueillit leur premier enfant, un garçon prénommé Marius.

Elle revint à la compétition à l’occasion de la saison 2016-2017, où elle se fixa comme objectif les championnats du monde de Lahti. Elle y fit une nouvelle démonstration, accrochant quatre titres en cinq courses.

Enfin, en 2018, elle participa à Pyeongchang, en Corée du Sud, à ses derniers Jeux Olympiques. Comme à Vancouver, elle gagna une médaille sur chaque épreuve. Elle rentra alors à la maison avec cinq récompenses, dont deux en or. Avec un total de quinze médailles pour huit titres, elle devint l’athlète, hommes et femmes confondus, la plus médaillée de l’histoire des Jeux Olympiques d’hiver. Elle dépassa ainsi ses illustres compatriotes Bjørn Dæhlie et Ole Einar Bjørndalen. Sur cet ultime exploit, elle prit sa retraite, à 38 ans et après dix-neuf années au plus haut niveau.

Huitième et dernière médaille d’or olympique de Marit Bjørgen sur la mass start 30 km classique

En plus de ses médailles olympiques, elle acheva son palmarès avec vingt-six médailles aux championnats du monde, dont dix-huit en or, et vingt-cinq titres de championne de Norvège. A cela, se rajouta encore quatre gros globes de cristal et cent-quatorze victoires en coupe du monde pour un total de cent-quatre-vingt-quatre podiums. Une série de records qui lui valut un autre surnom : Gull-Marit (Marit en Or). Ainsi qu’une immense popularité dans son pays qui la hissa au rang de véritable superstar.

En 2019, elle donna naissance à son deuxième fils, baptisé Ola. Puis, le 26 mai 2020, elle annonça son retour à la compétition, à l’âge de 40 ans, avec l’intention de participer au circuit des courses longues distances Visma Ski Classics. Son objectif : remporter la mythique Vasaloppet. Et rentrer encore un peu plus dans l’histoire de son sport.

A suivre : Rikard Nordraak, la partition brisée

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