La Norvège pendant la Seconde Guerre mondiale

L’année 2025 marquait les quatre-vingts ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la Libération de la Norvège. Envahie par l’Allemagne nazie dès les débuts du conflit, la Norvège fut le théâtre de batailles entre Alliés et Allemands avant d’être contrainte de capituler. Ce ne fut que le 8 mai 1945, à la signature de l’acte de capitulation des Nazis, que le pays recouvra enfin sa liberté.

Alors que la guerre fut déclenchée le 1er septembre 1939 par l’invasion de la Pologne par l’Allemagne d’Adolf Hitler, le conflit se rapprocha des frontières norvégiennes en novembre de la même année. En effet, le 30 novembre, sans déclaration de guerre, l’URSS viola l’intégrité territoriale de la Finlande en y déployant des divisions de chars et bombardant la capitale Helsinki. La veille, Staline rompait les relations diplomatiques avec la Finlande sous prétexte que celle-ci n’avait pas satisfait ses revendications territoriales. Le but du dirigeant soviétique était clair : récupérer des terres qui appartenaient à la Russie jusqu’en 1920, notamment une partie de la Carélie et un couloir donnant accès à la mer de Barents.

Pendant ce que l’on surnomma la Guerre d’Hiver, sur un terrain hostile et enneigé, les Soviétiques se heurtèrent à une farouche résistance des Finlandais et subirent de lourdes pertes. Alors que Staline pensait parader triomphant sur les terres de ses voisins, il dut revoir ses plans. Par son courage et sa détermination à ne pas céder, la Finlande reçut le soutien militaire de plusieurs pays européens, dont la Norvège, qui vit de nombreux volontaires s’engager aux côtés des Finlandais. Les Soviétiques furent ainsi contraints de suspendre leur offensive, mais la reprirent en février 1940.

Le 1er du mois, les chars soviétiques déferlèrent de nouveau sur la Finlande. Réorganisée et revigorée, l’Armée Rouge écrasa la résistance finlandaise. Le pays demanda alors l’armistice le 11 mars et céda aux revendications de Staline. Ce dernier déplora tout de même de lourds dégâts humains et matériels, tandis que sa réputation s’obscurcit. Quant aux Finlandais, ils comptèrent 25 000 morts, 45 000 blessés et 400 000 réfugiés. Ce fut donc dans un contexte de défaite que les volontaires norvégiens rentrèrent au pays.

Pendant ce temps, les Alliés se soucièrent d’une intervention en Norvège afin de bloquer le port de Narvik, duquel le minerai de fer suédois était acheminé par bateau jusqu’en Allemagne. Dès septembre 1939, Winston Churchill, le futur premier ministre britannique, envisagea d’attaquer la Kriegsmarine, soit la marine allemande, et de la contrer en Norvège, mais il fallait d’abord violer la neutralité du pays, ce qui n’était pas acceptable. 

Cependant, l’intérêt de Hitler pour la Norvège allait accélérer les évènements. Appréhendant une intervention franco-britannique à Narvik, il sollicita Vidkun Quisling, chef du parti fasciste norvégien, le Nasjonal Samling (Rassemblement national), et allié des Nazis. En février 1940, le plan d’invasion de la Norvège et du Danemark, baptisé opération Weserübung, fut établi. Puis le 15 février, dans les eaux territoriales norvégiennes, entre Stavanger et Kristiansand, le ravitailleur allemand Altenmark fut arraisonné par des destroyers britanniques, lesquels libérèrent 300 marins alliés prisonniers. La neutralité norvégienne fut à peine rompue tant par les Allemands que les Britanniques que Hitler signa officiellement, le 1er mars, l’ordre d’invasion du Danemark et de la Norvège. Par cet acte, il engagea six divisions d’infanterie de la Wehrmacht, dirigées par le général Nikolaus von Falkenhorst, ainsi que mille avions et une grande partie de sa marine.

Le 8 avril, les premiers navires britanniques arrivèrent à Narvik, en amont du Vestfjord, le bras de mer qui sépare les îles Lofoten du continent, où ils posèrent des mines. Il s’agissait de quatre destroyers, du croiseur de bataille Renown et du croiseur lourd Southampton. Le même jour, à proximité de Trondheim, le destroyer Glowworm rencontra le croiseur lourd allemand Admiral Hipper et, malgré son naufrage, réussit à éperonner son adversaire en le heurtant volontairement avant de sombrer.

Le 9 avril, le Renown entama la lutte contre deux navires allemands : les croiseurs de bataille Scharnhorst et Gneisenau. Au même moment, dans le fjord d’Oslo, près de la base navale de Horten, les batteries de la forteresse d’Oscarsborg coulent le croiseur lourd Blücher. Les Allemands furent alors ralentis dans leur incursion, mais purent déployer des troupes terrestres débarquées sur les rives du fjord ainsi que des parachutistes largués sur l’aérodrome de Fornebu. La capitale fut prise en quelque temps, tandis que le roi Haakon VII put s’enfuir avec sa famille et son gouvernement.

Simultanément, à Bergen, les avions britanniques et les batteries norvégiennes détruisirent le croiseur léger Königsberg, et à Kristiansand, coulèrent un autre croiseur léger, le Karlsruhe. A Narvik, les croiseurs Scharnhorst et Gneisenau lancèrent dix destroyers qui débarquèrent 2 000 soldats. Au cœur de la bataille, deux cuirassés norvégiens, le Norge et l’Eidsvold, furent coulés, deux destroyers britanniques, le Hardy et le Hotspur, firent naufrage, et plusieurs navires allemands furent éliminés. Puis le 13 avril, le cuirassé Warspite, appuyé des avions du porte-avions Furious, mit hors d’état de nuire les sept derniers destroyers allemands encore à flots. Les Alliés tenaient ainsi leur première victoire.

Cependant, sur terre, l’armée norvégienne, incomplète et peu équipée, essuya une cuisante défaite. Sur ses six divisions d’infanterie, seule la 6e DI était encore opérationnelle un jour après le début des hostilités. Ses batteries furent vite dépassées, ses vieux avions ne furent d’aucune utilité et sa marine désuète fut bien trop faible pour être efficace face au feu allemand. A la fin, elle ne put empêcher près de 10 000 soldats ennemis d’occuper les villes les plus importantes du pays que furent Oslo, Bergen et Trondheim. Du côté danois, qui subit l’invasion en même temps, le bilan ne fut pas plus glorieux après une capitulation presque instantanée.

Chasseurs alpins français à Narvik (store norske leksikon)

A Narvik, le 14 avril, les Français et les Britanniques débarquèrent la 5e demi-brigade alpine française du général Antoine Béthouart, une brigade polonaise, la légion et trois bataillons britanniques. Les Alliés se déployèrent également dans d’autres localités, à Harstad, Namsos, Molde et Åndalsnes, mais plièrent sous les bombardements de l’aviation allemande, qui annihilait presque toute tentative de débarquement. Lorsqu’elles étaient au sol, les troupes alliées avançaient avec tellement de lenteur, qu’elles durent être évacuées d’Åndalsnes le 20 avril et de Namsos les 2 et 3 mai. Lors de ce repli, les avions allemands coulèrent le contre-torpilleur français Bison.

Pourtant, à Narvik, les Alliés, qui présentaient près de 25 000 hommes en plus des derniers soutiens norvégiens, ne faisaient face qu’à 5 000 Allemands, dont la plupart était des marins ayant survécu au naufrage de leurs vaisseaux et résistant dans des conditions précaires. Et alors que le contrôle du port pouvait être repris, le commandement décida de rembarquer ses troupes pour soutenir le front en France, où la situation était catastrophique face à l’avancée des Allemands. Ainsi, à partir du 29 mai, les Alliés abandonnèrent la Norvège aux mains des Nazis. Le dernier jour du rembarquement, le 8 juin, le Scharnhorst et le Gneisenau détruisirent le porte-avions Furious et deux destroyers. 

Quant au roi Haakon VII, il arriva à Tromsø le 1er mai où un gouvernement provisoire fut installé, dirigé par le premier ministre Johan Nygaardsvold. Le 7 juin, la famille royale et le gouvernement furent exfiltrés à Londres. Auparavant, le roi avait refusé d’abdiquer devant l’ultimatum de Hitler, et Vidkun Quisling s’était emparé du pouvoir. Sans soutien local, il démissionna au bout d’une semaine, mais collabora avec l’occupant dans un gouvernement fantoche sous la coupe les Nazis. A sa tête, le dignitaire allemand Josef Terboven fut nommé commissaire du Reich et instaura dès lors un régime collaborationniste et répressif.

Au total, 400 000 soldats allemands furent déployés en Norvège, ainsi qu’une police secrète de 800 hommes. L’objectif d’empêcher le bloquage du port de Narvik et de continuer à bénéficier du minerai de fer suédois fut donc rempli. Mais l’invasion de la Norvège permettait également à Hitler de contrôler une grande partie du littoral Atlantique. En 1942, commença alors la construction d’une ligne de bunkers et de canons afin d’ériger ce que l’on appela le Mur de l’Atlantique.

Canon allemand du Mur de l’Atlantique, à Sandnessjøen, dans le Helgeland

Pendant ce temps, la Résistance s’organisa. Le 8 juillet 1940, à Londres, le roi Haakon VII prononça sur les ondes de la BBC un discours dans lequel il réitéra son intention de ne pas abdiquer et affirma son soutien au peuple norvégien. Régulièrement, il s’exprima à la radio, adressant des messages à ses compatriotes. Sous son impulsion et celle du gouvernement en exil, des réseaux de résistants se créèrent dans tout le pays et réalisèrent de nombreuses opérations de sabotage. Certains membres utilisèrent même comme signe de reconnaissance le monogramme du roi, où figuraient un H et un 7 entrelacés. Cependant, le symbole le plus marquant était le bonnet rouge, inspiré du couvre-chef pointu des lutins des contes et légendes populaires.

Le résistant norvégien le plus célèbre fut probablement Max Manus. Né en 1914 à Bergen d’une mère danoise et d’un père norvégien ayant vécu en Amérique du Sud, il dut son nom de naissance de Maximo Guillermo Manus aux influences hispaniques de celui-ci. Appelé à l’origine Johan Magnussen, son père changea même son nom en Juan Manus. Suivant ses traces, Max s’engagea dans la marine et partit pour Cuba. A son retour en Norvège, la guerre entre la Finlande et l’Union soviétique éclata. Il décida alors de combattre aux côtés des Finlandais au sein du corps volontaire suédois (Svenska Frivilligkåren).

Après la défaite de la Finlande, il rentra en Norvège le 9 avril 1940, le jour même de l’invasion du pays par l’Allemagne. Après avoir participé aux combats, il travailla pour un journal clandestin appelé Vi vil oss et land (Nous voulons notre pays), à travers lequel il organisa un réseau de résistance. Mais le 16 janvier 1941, il fut arrêté par la Gestapo à son appartement à Oslo. Cependant, il s’échappa en se jetant par la fenêtre du deuxième étage et dut être envoyé à l’hôpital où il fut soigné pour seulement quelques hématomes. Et tandis que le médecin exagérait la gravité de ses blessures devant les Allemands, il s’évada, une vingtaine de jours plus tard, à l’aide d’une corde attachée à une fenêtre de l’hôpital. S’ensuivit alors une fuite de sept mois durant laquelle il traversa la Suède, l’URSS, la Turquie, l’Arabie Saoudite, l’Afrique du Sud puis les Etats-Unis.

Ici, il retrouva des soldats de l’armée norvégienne, puis rejoignit le Canada, où il entama son entrainement de saboteur. Arrivé ensuite en Grande-Bretagne, il intégra le réseau de résistance Norwegian Independent Company No. 1, appelé aussi Kompani Linge en hommage au défunt capitaine Martin Linge. Il y améliora ses compétences en sabotage et apprit le parachutisme, puis, en mars 1943, fut parachuté en Norvège. Le 27 avril, lors de l’Opération Mardonius, avec quatre camarades, il sabota plusieurs navires allemands à quai dans le port d’Oslo, en y fixant des charges explosives. Sur les sept navires visés par la mission, trois furent endommagés, dont l’Ortelsburg, qui fut coulé. Malheureusement, un des saboteurs, Sigurd Jacobsen, fut arrêté, torturé et exécuté par les Allemands.

Parmi d’autres missions de sabotage, il détruisit un bureau où se trouvaient les noms de jeunes Norvégiens pouvant être réquisitionnés dans l’armée allemande en mai 1944, endommagea le Monte Rosa en juin 1944 et coula le Donau à Drøbak en janvier 1945. Toutes les missions auxquelles il participa ne furent pas couronnées de succès. Aussi, beaucoup de ses camarades ne survécurent pas à la guerre, arrêtés et exécutés par les Nazis. Lui, eut la chance de s’en sortir à chaque fois. Après la guerre, il devint un héros national, reçut plusieurs médailles et publia trois autobiographies. En 2008, le film Max Manus (Max Manus, Opération sabotage), de Joachim Rønning et Espen Sandberg, retraça ses exploits au cinéma. Il mourut en 1996.

Toutefois, la mission de sabotage la plus retentissante fut celle dite de la Bataille de l’eau lourde. A Vemork, près de Rjukan, dans le comté de Telemark, les Allemands réquisitionnèrent une usine hydroélectrique de la compagnie Norske Hydro afin de produire de l’oxyde de deutérium, autrement dit de l’eau lourde. A partir du deutérium, qui est un isotope de l’hydrogène, les Nazis espéraient enrichir de l’uranium pour fabriquer une bombe atomique. Les Alliés décidèrent alors de détruire l’usine.

En février 1943, après l’échec des précédentes missions, l’opération Gunnerside fut lancée. Six soldats norvégiens, issus du réseau Norwegian Independent Company No. 1, furent parachutés par les Britanniques à proximité de l’usine et rejoignirent sur place cinq autres saboteurs. Dans la nuit du 27 au 28 février, neuf d’entre eux, sous le commandement de Joachim Rønneberg, s’infiltrèrent dans l’usine et placèrent des charges explosives sur ses parties vitales. La mission permit alors de détruire 900 kg d’eau lourde, tandis qu’une partie des saboteurs fuit à ski vers la Suède. La destruction des capacités de production de l’usine aurait empêché définitivement les Allemands de se procurer l’arme atomique, bien que d’autres observateurs pensèrent que les Nazis n’auraient jamais pu l’obtenir de toute façon. Qu’importe, la mission fut adaptée au cinéma dès 1948, dans une production franco-norvégienne, par Jean Dréville et Titus Vibe-Müller, sous le nom La Bataille de l’eau lourde (Kampen om tungtvannet), avec plusieurs membres du commando jouant leur propre rôle.

Parmi les autres grands résistants norvégiens, figuraient aussi Jan Baalsrud (1917-1988), Gregers Gram (1917-1944), Edvard Tallaksen (1918-1944), Birger Fjeldstad (1916-2004) ou encore Gunnar Sønsteby (1918-2012). Beaucoup d’entre eux furent tués ou arrêtés puis exécutés par les Nazis. Ainsi, à Trandumskogen, non loin d’Oslo, 194 personnes, dont six Britanniques et quinze Russes, furent fusillées. De même à la forteresse de Kristiansten, à Trondheim, qui vit la mort d’une trentaine de résistants. De nombreux autres sites en Norvège furent le lieu d’exécutions et en portent encore aujourd’hui les stigmates.

Membres de l’opération Gunnerside. En bas de gauche à droite : Hans Storhaug et Joachim Rønneberg. En haut de gauche à droite : Fredrik Kayser, Kasper Idland et Birger Strømsheim. (Store norske leksikon)

En même temps, les Alliés continuèrent leurs actions militaires contre l’armée ennemie, comme le 29 octobre 1944, quand des bombardiers britanniques type Lancaster larguèrent trois bombes sur le cuirassé Tirpitz dans le fjord de Tromsø. Le navire fut touché et sombra.

D’autre part, le but de l’occupation de la Norvège par l’Allemagne ne fut pas seulement stratégique. Il était aussi idéologique. Pour les Nazis, la race aryenne était la race supérieure, représentée par les peuples germaniques. Après le début de la guerre et l’invasion de la Norvège, Hitler et ses fidèles développèrent une fascination pour la « race aryenne nordique » dont les Norvégiens étaient pour eux les dignes représentants. Ils voulurent alors en tirer profit.

Pour cela, ils ouvrirent dans le pays neuf Lebensborn, des établissements mêlant maternité et crèche, où des enfants nés de parents « aryens » étaient élevés. Les Lebensborn, dont le nom signifiait « fontaine de vie » en allemand, servaient aux Nazis à sélectionner les enfants qui correspondaient à leurs critères racistes afin de créer leur peuple idéal. La Norvège était le pays occupé où ils en installèrent le plus. La plupart des enfants qui s’y trouvaient étaient nés de mères norvégiennes et de pères allemands. Ceux-ci, lorsqu’ils étaient en fonction dans le pays, étaient encouragés à engendrer des descendances avec des femmes locales. On dénombra entre 10 000 et 12 000 enfants nés d’unions germano-norvégiennes, tandis qu’environ 8 000 d’entre eux furent placés en Lebensborn. De plus, entre 200 et 250 enfants furent enlevés à leur mère puis envoyés en Allemagne pour y être adoptés ou bien ramenés par leur père. Après la guerre, seulement moins d’une centaine put retrouver leur mère.

D’ailleurs, la fin de la guerre en Norvège ne fut réalité que le 8 mai 1945, après la signature à Berlin de l’acte de capitulation de l’Allemagne. Le même jour, à Skaugum, près d’Oslo, le commissaire du Reich Josef Terboven se suicida dans son bunker en faisant exploser 50 kg de dynamite. Juste avant, au même endroit, ce fut le chef des SS Wilhelm Rediess qui se tira une balle de révolver dans la tête.

Dès lors, les occupants allemands se retirèrent du pays, permettant enfin la libération de la Norvège. Le 9 mai, les résistants arrêtèrent Vidkun Quisling, nommé ministre-président par les Nazis en 1942. D’abord détenu au commissariat central d’Oslo, il fut transféré à la citadelle d’Akershus où il y attendit son procès. Le 10 septembre, il fut reconnu coupable de haute trahison, meurtre et complicité de meurtre, vol et détournement de fonds. Condamné à mort, il fut exécuté le 24 octobre. Quant à Jonas Lie, le chef de la police norvégienne, il fut retrouvé mort le 11 mai. 

Quelque temps plus tard, le 7 juin, Haakon VII et la famille royale revinrent à Oslo, soit cinq ans jour pour jour après avoir quitté le pays, acclamés par une foule en joie. Un peu plus tôt, le 13 mai, le prince héritier Olav précéda sa famille en se rendant sur place peu après la libération. Pendant le conflit, il avait à plusieurs reprises rendu visite aux soldats norvégiens aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni.

La famille royale à son retour à Oslo le 7 juin 1945 : (de gauche à droite) le roi Haakon VII, le prince Harald, la princesse Märtha, la princesse Astrid, le prince héritier Olav et la princesse Ragnhild.

Durant l’occupation, on déplora aussi la déportation de plus de 770 juifs norvégiens ou réfugiés en Norvège, presque tous envoyés au camp d’Auschwitz. Seule une trentaine en survécut. On estima également que 50 000 Norvégiens s’enfuirent, dont 43 000 en Suède, pays voisin et neutre, afin d’échapper aux violences ou bien parce que recherchés par la Gestapo. Enfin, plus de 10 000 Norvégiens perdirent la vie, plus 15 000 Soviétiques et 2 000 Yougoslaves, prisonniers de guerre enrôlés par la Wehrmacht, et 11 500 soldats allemands. 

La libération fut aussi le théâtre de l’épuration. En effet, les résistants cherchèrent inlassablement toute personne ayant collaboré avec l’ennemi afin de leur faire rendre des comptes. En tout, environ 92 000 personnes furent arrêtées, 23 000 furent condamnées et 25 furent exécutées. Parmi ceux qui subirent l’épuration, les femmes ayant eu des idylles avec des soldats allemands ainsi que leurs enfants nés de ces amours interdites furent particulièrement touchés. Beaucoup endurèrent des brimades, des humiliations publiques et des violences physiques et sexuelles. De nombreux enfants illégitimes furent retirés à leur mère et placés en asile psychiatrique ou adoptés de force. Ces derniers furent même déchus de leur nationalité norvégienne jusqu’à leurs dix-huit ans et privés d’allocations. Ce ne fut qu’en 1998 que le premier ministre Kjell Magne Bondevik leur exprima les excuses officielles de l’Etat norvégien pour les mauvais traitements subits et leur accorda des dédommagements financiers allant jusqu’à 200 000 couronnes.

Dans la foulée, en 1949, la Norvège rejoignit l’OTAN en tant que membre fondateur et s’efforça d’être un acteur international de la paix en tant que médiateur dans plusieurs conflits. Aujourd’hui, les témoignages de la Seconde guerre mondiale en Norvège se rencontrent à travers les bunkers et les canons du Mur de l’Atlantique, encore visibles sur le littoral. Des monuments aux morts et des stèles commémoratives jalonnent le royaume, tandis que plusieurs musées retracent son histoire et en préservent le souvenir.

Musée de la Résistance d’Oslo

Musée de la Guerre de Narvik

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