Et au milieu se trouve Trondheim

Avec ses 200 000 habitants, Trondheim (ou Trondhjem) est la troisième ville de Norvège mais peut-être la plus importante par son histoire. Située au centre du pays, elle est la plus grande ville du comté de Trøndelag. D’abord connue sous le nom de Kaupangen, elle a été fondée en 997 par le roi Olav Ier Tryggvason entre le fjord de Trondheim et l’embouchure de la rivière Nidelva puis rebaptisée Nidaros, ce qui signifie « embouchure de la Nid ». Dès lors, elle a été capitale du royaume jusqu’en 1164. Converti au catholicisme, le roi Olav Ier est également considéré comme le fondateur de la première église chrétienne en Norvège. Sa statue a d’ailleurs été érigée en haut d’une colonne, au centre de la place principale de la ville.

Marquée par l’histoire religieuse du pays, Trondheim abrite la cathédrale gothique la plus septentrionale du monde : la cathédrale de Nidaros, ou Nidarosdomen. En 1070, ses premières pierres ont été posées sur le site d’inhumation du roi Olav II Haraldsson, tué quarante ans plus tôt lors de la bataille de Stiklestad. Acteur majeur de la christianisation de la Norvège, Olav II a été canonisé dès 1031 par l’évêque anglais Grimketel puis en 1164 par le pape Alexandre III. Devenu Saint Olav, il est le saint patron de Trondheim et de la Norvège.

En 1152, la cathédrale de Nidaros a été désignée cathédrale de l’archidiocèse catholique, avant d’être convertie au protestantisme en 1537, juste après la Réforme luthérienne qui s’est imposée dans toute l’Europe du Nord. Lieu de pèlerinage important pour les catholiques puis les luthériens de Scandinavie, elle est depuis presque toujours le cadre du couronnement des rois de Norvège.

La cathédrale de Nidaros est la cathédrale gothique la plus septentrionale au monde. Elle a été fondée par le roi Olav III Kyrre.
L’octogone abritait jadis la sépulture du roi Olav II

Si la cathédrale a été construite autour de la sépulture du roi Olav II, personne ne sait exactement où repose le saint souverain aujourd’hui. L’octogone, qui prolonge le chœur, abritait la luxueuse châsse contenant son corps jusqu’en 1537, avant d’être pillée de ses bijoux par les partisans de la Réforme, là même où elle avait été mise en sécurité, au fort de Steinvikholmen. Trente ans plus tard, le cercueil en bois du roi a été ramené à la cathédrale et enterré en secret quelque part sous les dalles, à un endroit encore inconnu. En tout cas, il veille depuis des siècles sur les dentelles de pierre et de verre qui habillent et illuminent magnifiquement l’édifice.

Dès 1869, des travaux de restauration ont été régulièrement lancés, auxquels a par exemple participé le célèbre sculpteur norvégien Gustav Vigeland. En 1904, il a, entre autres, reconstruit des fonts baptismaux datant du Moyen-Age. En 1965, c’est Kristofer Leirdal qui a restauré la statue de l’archange Saint Michel, dressée au sommet de la tour nord, et lui a donné les traits du musicien américain Bob Dylan.

Les quais de Bakklandet sont un lieu iconique de Trondheim

Bien que située au bord de la mer, Trondheim est tournée vers la Nidelva, la rivière qui serpente à travers la ville. Dans le vieux quartier de Bakklandet, les anciens entrepôts se font face de chaque côté de la rivière de leurs façades colorées. Les maisons, dont les plus vieilles datent du XVIIIème siècle, sont désormais des restaurants ou des boutiques prisés des habitants et des touristes. La culture culinaire de Trondheim lui vaut même le surnom de « capitale des saveurs nordiques ». Derrière les quais, on peut encore déambuler dans de charmantes ruelles pavées, lesquelles courent paisiblement entre des maisons colorées semblant venues d’un autre temps.

C’est à quelques pas de là que se trouve le « trampe », ce curieux ascenseur à vélo qui aide les usagers de la bicyclette à grimper une rue très pentue. Il suffit rester sur son vélo et de placer son pied droit sur une sorte de taquet, lequel remonte tout seul la pente et est donc censé faire monter sans effort le cycliste jusqu’en haut. Il faut cependant savoir garder l’équilibre.

Le Gamle Bybro (pont de la vieille ville) enjambe la Nidelva depuis 1861

De nombreux quartiers de Trondheim présentent encore un caractère authentique, avec leurs maisons en bois colorées et leurs ruelles pavées. Plus encore qu’à Oslo ou Bergen, on ressent l’identité nordique de la ville à chaque détour. Comme si le temps s’était suspendu au-dessus de la cité, ces quartiers sont témoins d’une longue histoire.

Un autre témoin de l’histoire de Trondheim est la forteresse de Kristiansten. Erigée sur les hauteurs de la ville, surplombant la Nidelva, elle a été construite en 1682 pour protéger la cité. Elle est constituée de remparts et d’un donjon carré. La seule fois qu’elle a été sollicitée, c’était en novembre 1718, lors de la Grande guerre du Nord. Le roi Karl XII de Suède avait ainsi décidé d’envahir la Norvège, alors possession danoise, à la fois par Halden, au Sud du pays, et par Trondheim. Son armée, qui était menée par le général Armfeldt et composée de 10 000 « karoliner », nom des soldats suédois de l’époque, a tenu le siège de la forteresse pendant plus de deux mois. En face, le général Budde, qui commandait 6 900 hommes dont 1 000 postés dans la forteresse, avait ordonné de brûler une partie de la ville pour priver l’armée suédoise de provisions. Alors, affamée et saisie par l’hiver, elle a dû battre en retraite sans que le moindre coup de canon n’ait été donné. De plus, l’annonce de la mort du roi Karl XII devant la forteresse de Fredriksten à Halden le 11 décembre avait déjà précipité le départ des soldats suédois. Ainsi, le 12 janvier 1719, le général Armfeldt a donné l’ordre de rentrer en Suède, où seulement un peu plus de 6 000 soldats ont survécu. De leur côté, les soldats norvégiens ont également souffert des terribles conditions et subi des pertes importantes, sans oublier les conséquences dramatiques sur la population.

Lors de la Seconde guerre mondiale, la forteresse a été réquisitionnée par les Allemands, tandis qu’une trentaine de résistants y a été exécutée. Une plaque et une chapelle leur rendent aujourd’hui hommage. Toute l’histoire de la forteresse est racontée dans le musée installé dans le donjon. On peut également profiter d’un moment de détente au café et jouir d’une belle vue sur la ville et le fjord.

Plus près de la mer, le quartier de Brattøra est une île artificielle prolongeant la ville. Elle accueille un port, dont le quai de l’Hurtigruten, l’express côtier qui longe le littoral norvégien du Sud au Nord. On y trouve aussi la gare centrale, le musée de la musique pop-rock (Rockheim) ainsi que d’anciens bâtiments industriels transformés en cafés et restaurants. De nombreuses croisières partent régulièrement de Brattøra, dont le ferry pour Munkholmen. Cet îlot, situé dans le fjord au large de Trondheim, abrite un fort devenu successivement un lieu d’exécution pour les Vikings, un monastère bénédictin, une forteresse puis une prison. C’est désormais un lieu touristique, avec un café et une plage pour la baignade.

Toujours face à la mer, le canal fait penser aux quais de Bakklandet avec ses vieux bâtiments colorés. Creusé parallèlement au fjord depuis l’embouchure de la Nidelva, le « kanal » est un havre pour les voiliers et les petits bateaux et offre une promenade sympathique pour les flâneurs.

Le canal, l’île de Brattøra et la résidence royale de Stiftsgården

De retour au centre-ville, il est possible de visiter plusieurs musées, tels que le palais de l’archevêque où sont conservés les joyaux de la couronne ou le musée de l’armée et de la résistance, tous les deux situés à côté de la cathédrale. Sans oublier le musée d’art, le musée des arts décoratifs ou bien le musée de la marine. De plus, Trondheim étant une ville étudiante importante, l’université (NTNU) ouvre aux visiteurs son musée d’histoire naturelle et d’archéologie. Quant à Stiftsgården, cette résidence royale de 140 pièces est la plus grande demeure en bois de Scandinavie. Elle a été construite en 1774, au cœur de la ville.

Enfin, l’écomusée de Sverresborg, sur la colline de Byåsen, présente des reconstitutions de fermes typiques du Trøndelag ainsi qu’une réplique du vieux Trondheim. Dans les fermes et les villages, on peut rencontrer des figurants en costumes traditionnels ainsi que des animaux comme des cochons, des chèvres, des moutons, des vaches et des poules. D’autres bâtiments du passé, tels que des écoles de campagne ou des auberges, sont également ouverts à la visite. Dans la vieille ville, on peut découvrir d’anciens commerces (cordonnerie, apothèque, poste et télégraphe…) et des maisons bourgeoises meublées et décorées dans le style de l’époque. A l’écart, se trouve encore la maison de l’équarisseur, où sont contées ses sinistres histoires.

L’écomusée dispose également d’une vaste collection d’objets de la vie quotidienne issus de diverses époques. On retrouve des enseignes commerciales, des objets de décoration, du mobilier, des appareils ménagers ou bien des vêtements, exposés par thèmes.

Le musée doit son nom au château du roi Sverre, qui, en 1183, a fait construire sur la colline le premier château en pierre de Norvège. Baptisé Zion, comme la cité du roi David à Jérusalem, il devait lui servir à conforter son rôle de roi face à la menace venue de ses nombreux opposants. Soutenu par les Birkebeiner, une armée de partisans, il a dû combattre plusieurs conspirations qui l’accusaient d’être un usurpateur. Il a d’ailleurs inspiré en 1861 l’écrivain Bjørnstjerne Bjørnson pour sa pièce de théâtre Le Roi Sverre. Aujourd’hui, le château est en ruine, mais on y profite d’un panorama remarquable sur la ville et ses alentours.

Maison reconstituée du village de Røros

Proche de la nature, Trondheim est une ville de verdure grâce à ses nombreux parcs, mais aussi ses alentours, couverts de forêts. Les possibilités de randonnées ne manquent pas, que ce soit à Bymarka ou à Strindmarka, les deux principaux espaces verts qui entourent la ville. La station de sports d’hiver de Granåsen, située au cœur de Bymarka, est très prisée des locaux qui peuvent aller skier à seulement quelques minutes du centre-ville. C’est aussi un site renommé puisqu’il accueille tous les ans la coupe du monde de ski nordique et organisera en 2025 les championnats du monde.

Toujours dans le sport, le club de football de Rosenborg est le plus titré de Norvège avec 26 titres de champion et 12 coupes de Norvège. Sur les compétitions internationales, il a même fait trembler plus d’un grand club européen.

Lorsque l’on veut s’éloigner de la ville, on peut prendre le train pour aller à la montagne et visiter le célèbre village de Røros. Cette ancienne cité minière, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1980, est remarquable pour ses vieilles maisons en bois et ses installations, témoins de l’exploitation passée des mines de cuivre.

Trondheim est une ville pleine de charme, à l’histoire riche et préservée, mais aussi une cité moderne et ancrée dans son temps. Ville universitaire et sportive, elle est jeune et dynamique, vivante et éclectique. Située au centre du pays, elle fait battre le cœur de la Norvège.

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